Michel Hébert

Président et fondateur de Jump France - Vice président de TBWA France - Fondateur et président de NO-LOGIC consulting


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Le dernier livre de Michel Hébert 2017

Livre de Michel Hébert : le marketing et la communication face à l'imprévisible

Et s'il Fallait tout changer ? - Edition L'Harmattan

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Le livre de Michel Hébert 2015

Livre de Michel Hébert : le marketing de l'adaptation

Le marketing de l’adaptation, le bricolage de la pensée" - Edition L'Harmattan

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Le livre de Michel Hébert 2014

Livre de Michel Hébert : le marketing et la communication face à l'imprévisible

Le Marketing et la communication face à l’imprévisible - Edition L'Harmattan

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"« Critique » du livre de Jean Louis Servant Schreiber : « Trop vite »"

Tribune pour le magazine : Stratégies - septembre 2010

JL SS est un entrepreneur, journaliste hors  du commun. Son »bon » livre « Trop vite » traite avec finesse, de la vitesse du temps qui nous oblige à  réfléchir vite, agir vite, produire vite…..JLLSS apelle cette situation « le court-termisme », et plaide pour un retour sous une forme à définir d’un certain «  long terme .Quelques remarques personnelles, qui justifient pourquoi il faut au contraire s’organiser pour réfléchir de plus en plus vite..

 - Constats

- Les prévisions économiques selon E Morin : « il y a le palpable , l incertain, et c’est toujours l inattendu qui arrive ». Tout est dit dans cette phrase. Le compagnon socle du long terme, la prévision à long terme, linéaire,  ne reviendra pas au bureau elle est très malade ..

La « société de consumation »  (Michel Maffesoli).La société de consommation est devenue «société de consumation » une société où l’éphémère domine, une société dans laquelle les offres se consument toujours plus vite, et où l’obsolescence surgit prématurément. La course de vitesse dans le domaine des « Smartphones »est évocatrice, pas un jour ne se passe sans qu’un nouveau Smartphone n’ apparaisse, plus moderne que les autres), , et nous oblige à penser dans des » temps plus courts ». Si les offres se consument vite, alors il faut admettre que les stratégies qui accompagnent ces offres, les stratégies marketing ,de communications, deviennent obsolètes en partie ou en totalité..L’obsolescence, la consumation,  nous oblige à admettre que désormais « toute stratégie devient temporaire » et nous entraine à réfléchir de plus en plus vite, un avenir que nous sommes incapables de prévoir . Le business est comme ça aujourd'hui :le long terme devient une suite d’étapes court termes réussies (« Chaque année est une nouvelle conquete «  disait Owen Jones qui a mutiplié par 100 l importance de L oréal). S’il n’y a pas de réussite court terme, aucun succès sur le long terme n’est garanti. « Perdre de l’argent à court terme pour en gagner plus tard  est particulièrement osé » comme le disait Jack Welch. Les actionnaires, la bourse, sont là pour y veiller. Ils font partie du jeu.

La vitesse est une réalité, :Jeff Jarvis  dans son livre  « Que ferait Google à votre place » rapelle que l un des points de le philosophie de Google(qui a surgi en 3 ans), est « toujours plus vite » « c’est un des avantages  compétitifs essentiel de Google ». Jeff Jarvis  parle du « nouveau rythme » dans le quel nous vivons, d’un monde d’interactions, d’un monde ou il faut vivre en temps réels, d’un monde ou les réponses doivent être immédiates. Vitesse des acquisitions, vitesse dans la société, vitesse du copiage, vitesse des réactions, vitesse de succès d’entreprises, vitesse  de l arrivée de l imprévisible et de l’inattendu, marquent notre époque. Tous les secteurs  sont touchés par par ce nouveau rythme :le textile la technologie, l’automobile,le développement responsable, le management (une celébre marque automobile allemande  à Munich, a décidé pour que les réunions aillent plus vite ,la creation de salles de réunion….. sans chaises !!!!!. Croyez-moi, les réunions ne s’éternisent pas)... La vitesse est un défi pour nous tous dans les entreprises  car nous avons été éduqués avec l’idée du linéaire de la modélisation,de l ordre, d’un timing qui « donne du temps au temps » pour réfléchir, du temps pour agir, du temps pour attendre les résultats, du temps pour tester… Bien pratique tout ça .Mais aujourd’hui, au delà de la crise actuelle,dans un monde désordre, ll faut donc savoir anticiper vite, réfléchir vite, et agir vite dans le même temps. Et ça on ne nous l’a jamais appris ! Notre éducation est elle encore quelque peu compatible avec la réalité des marchés, du monde ? Notre principal problème est là , on ne nous a jamais appris à être organisé pour penser intelligemment vite. 57 % des entreprises interrogés en 2007  par l institut Limelight, disent ne pas changer en dépit des changements perçus évidents sur les marchés….. !!!!

- Vers des solutions Le travail en boucle.

Une  conséquence est que cette vitesse nous entraîne vers un système de travail différent : le travail en boucle. Michael Schrage, N°2 du MIT à Boston et auteur de nombreux livres sur l’innovation, suggérait aux entreprises de devenir des « virtuoses du prototype »C’est-à-dire dés qu’on a un prototype, il faut passer à l’action, sans dépenser des fortunes, car il va falloir recommencer. Donc, la « loi du nombre, la loi du nombre d’essais de prototypes ouvre à la compétence », au savoir, à l’adaptation sûre de l’innovation ou de la communication au marché.Le travail en boucle nous force à tout recommencer et ce travail ne doit jamais s’arrêter - c’est la mauvaise nouvelle, car il faut rester dans un état de vigilance permanent.La bonne c’est qu on apprend à maitriser l imprévu

Donner une cadence au marché L’organisation de la vitesse , peut devenir un acte stratégique. Un vrai processus d'organisation pour une entreprise, peut lui permettre de ne plus subir de plein fouet les changements, mais d'en être elle-même l'initiatrice  (Apple, Afflelou, Macdonald’s, Ikea, Zara Gilette…).Aux Etats-Unis, on appelle cela le Time-pacing par lequel on essaye d’imposer un tempo, un rythme aux concurrents du marché, pour les dominer et imposer sa propre vitesse. Par une telle pratique, on ne se bat plus contre les vagues, on devient le vent qui crée la vague.3M impose que 30 % de son chiffre d’affaires annuel soit réalisé avec des produits nouveaux.

Conclusion

« En agissant vite, on se trompe parfois. En ne faisant rien, on se trompe toujours ».

Romain Rolland

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