Michel Hébert

Président et fondateur de Jump France - Vice président de TBWA France - Fondateur et président de NO-LOGIC consulting


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Livre de Michel Hébert : le marketing et la communication face à l'imprévisible

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Le livre de Michel Hébert 2015

Livre de Michel Hébert : le marketing de l'adaptation

Le marketing de l’adaptation, le bricolage de la pensée" - Edition L'Harmattan

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Le livre de Michel Hébert 2014

Livre de Michel Hébert : le marketing et la communication face à l'imprévisible

Le Marketing et la communication face à l’imprévisible - Edition L'Harmattan

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"Lettre ouverte aux individualistes : la crise des organisations"

Tribune pour le magazine : Le nouvel Economiste - février 2009

« L'individualisme est mort, le temps moderne est fait avec le "nous", avec les formes de solidarité que cela induit. »
Michel Maffesoli

Derrière la crise économique se cache une autre crise, celle des organisations/ Les organisations se doivent d’être efficaces. Lorsque vous avez en mémoire les principaux défis que je  vous ai montré il a ¼ d’heure, vous avez bien retenu que l environnement des entreprises changeaient, qu il y avait beaucoup d’imprévisibles.. ;et donc les entreprises, si elles conservent leurs organisations taylorisées en silos, pour traiter un monde moderne, n y arriveront pas.

Alors soyons clairs, si j’emploie le mot « crise des organisations », c’est que toucher aux habitudes suscite en France beaucoup de réticences.
70 % des entreprises disent qu’elles ne peuvent pas changer car « leurs organisations sont immobiles » (Limelight 2008). Et pourtant pensez-vous qu’on puisse vraiment survivre dans ce nouveau monde sans changer nos fondations de pensée, de réflexion ? Il y en a qui l’espèrent secrètement, je le sais et je les plains.
En effet, beaucoup rêvent de voir la crise se terminer pour donner naissance  à un nouveau monde. Par contre, ces personnes persistent à rechigner à tout changement dans nos manières de travailler et à demeurer encalminés dans le taylorisme.Voir les bonus qui ont déjà recommencer dans les banques. Donc constater le changement oui, le subir et changer sois m^me non.

Et puis il y a notre éducation parentale « tu seras le premier de la classe mon fils »
Donc involontairement on nous a appris le « chacun pour soi »



 Je dis : Raisonner Métis : en fait,  parce que les entreprises ne survivront que si, avant d’être des entreprises de production,  elles deviennent des « entreprises d’idées ». Il leur faut donc s’organiser en ce sens.
Pour avoir le maximum d’idées, il faut être organisés pour cet objectif et cette organisation , passe nécessairement par le « décloisonnement des expertises » et tel est le principal défi à relever en termes d’organisations.
Dans mes deux derniers livres, j’ai  donc appelé cela “Raisonner Métis”.
Les marques Métis sont les Armani, Swatch, Q Silver, Rossignol Apple, Nissan, Toyota, mais c’est aussi le Rock , le Raii

La cloison culturelle ou dans l entreprise c’est l anti dées. On ne se parle pas, on se jalouse entre chef de service, ça sert à faire de la politique et à avoir la promotion avant le voisin (exemple Loréal)

Exemple Métis  la Twingo

Raisonner métis c’est donc aller ailleurs en termes d’idées , de stratégies

- Un ingénieur et un ingénieur donnent des solutions d’ingénieurs. Un publicitaire et un publicitaire donnent des solutions de publicitaires.
Les réflexions « consanguines » de métiers finissent par donner des solutions convenues. Comment pourrait-il en être autrement ?
- En revanche, lorsque vous rassemblez un informaticien, un roboticien, et un médecin, survient l’invention de la chirurgie à distance. Une invention inattendue qui a été provoquée par le mélange de gens qui ne pensent pas pareil, de métiers différents, par un mélange d’expertises qui n’avaient pas l’habitude de mélanger leurs connaissances et de travailler ensemble.
- En politique, la droite conversant avec la droite a toujours donné des solutions de droite, idem pour la gauche, pour, in fine, aboutir à des stéréotypes sclérosants.
- En communication, le sujet est le même : généralement, les expertises publicitaires travaillent de leur coté, tout comme les expertises de design, de web ou de développement durable…
-Le resultat du travail par silos, par métiers c’est que tout le monde, même les gens d entreprises différentes, pensent pareil , lisent les mêmes études qui disent toutes la même chose et tout le monde aboutit au même résultat. La négation de l idée.
On dira alors : « Chacun fait bien sont travail, mais fait-on pour autant le meilleur travail pour la marque ? ». La réponse est bien entendu négative.


« Si tout le monde pense pareil, alors le monde penchera d’un seul coté et l’univers basculera » (Battements d’ailes – Milena Agus)

Le cas Lustucru.

Raisonner Métis c’est passer de « bien vu à autrement vu » (« Le plaisir des idées » de Luc de Brabandére)

- Raisonner Métis consiste donc à mélanger des gens qui pensent différemment, afin de regarder le problème sous plusieurs angles, pour avoir des perceptions nouvelles.
L’ébullition intellectuelle provoquée par cette « démocratie de réflexion », cette diversité de cultures, d’expertises, est totalement nouvelle, car nous sortons ainsi du carcan de la logique stéréotypée par un métier, une expertise, une habitude, pour aller vers des modes de réflexions métissés, plus riches.
Cette fraiche friction intellectuelle, non stéréotypée par les habitudes de pensée rationnelle, aboutit à la disparition de la hiérarchie « gélifiante », au profit des idées.
On mélange les gens du haut, les gens du bas, les gens de différents services, des gens de l extérieur…..Voir Marlboro/ Calor
C’est  comme ça  qu on passe de l « Bien vu » à l’enthousiasmant « Autrement vu ».
« Les choses ne changent pas, change ta façon de les voir cela suffit » Lao Tseu


Pour voir « autrement », le début de solution est assez simple. Il faut que des esprits nouveaux interviennent dans les discussions habituelles.Ca on l a déjà dit. Mais Il faut qu il y ait confrontation….la confrontation peut tourner à l engueulade…mais c’est sain.

Un point de vue de technicien
« Nous ne résoudrons la crise actuelle que si nous travaillons collectivement, en apportant chacun notre manière de résoudre le problème. Cette ébullition intellectuelle nous apportera des idées nouvelles, de nouveaux chemins vers de nouvelles solutions , nous avons besoin de globaliser le problème, de trouver une solution globale et non pas de parcelliser la réflexion, en découpant le problème en sous problèmes, ce qui apparaît toujours plus facile » D. Strauss Khan.
 « DSK », évoque la nécessité de passer d’un monde sclérosé par la réflexion individuelle, stéréotypée, à celle d’un monde ouvert au raisonnement collectif pour voir les problèmes « autrement ».

Je vous montre un exemple de communication faite  de cette maniére : Lustucru

Le grand malheur de ceux qui ne pensent pas « Métis »

- Sony aurait pu inventer l’iPod 10 ans avant Apple.
Le département musical possédait une partie des informations, et le département « innovations techniques », l’autre partie. Alors pourquoi Sony n’a-t-il pas inventé l’iPod ? Parce que les deux départements, l’un composé de techniciens, l’autre de spécialistes de la musique, ne se parlaient pas. Chacun chez soi, chacun pour soi !
- Les réticences : il y en a d’autres bien sûr. Des réticences au nom de l’habitude, des réticences au nom des acquis qu’on a peur de voir remis en cause, des organisations pyramidales, de l’idée que seuls certains peuvent avoir des idées, des réticences au nom du sacro-saint « Surtout ne changeons rien, ça marche très bien comme ça »

« Si la crise des idées et des organisations  existent alors il faut se souvenir de la citation de Garmschi : La crise c’est quand l’ancien tarde à mourir et que le nouveau tarde à naitre » (Gramsci).

Un deuxième exemple de communication : SBAB

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