Michel Hébert

Président et fondateur de Jump France - Vice président de TBWA France - Fondateur et président de NO-LOGIC consulting


 Michel Hébert : compte Facebook  Michel Hébert : compte Linkedin  Michel Hébert : compte Viadeo

Le dernier livre de Michel Hébert 2017

Livre de Michel Hébert : le marketing et la communication face à l'imprévisible

Et s'il Fallait tout changer ? - Edition L'Harmattan

Détail du livre

Le livre de Michel Hébert 2015

Livre de Michel Hébert : le marketing de l'adaptation

Le marketing de l’adaptation, le bricolage de la pensée" - Edition L'Harmattan

Détail du livre

Le livre de Michel Hébert 2014

Livre de Michel Hébert : le marketing et la communication face à l'imprévisible

Le Marketing et la communication face à l’imprévisible - Edition L'Harmattan

Détail du livre

Détail de l'Article

"le désordre ne s'organise pas, le désordre ça s'expérimente!"

Les ECHOS - juillet 2014

Réaction de Michel Hébert à propos de l’article ,"Re-penser, co-créer ou la fin du management de demain"  signé par Nathalie Dupuis-Hepner et Gilles Le  Gendre ,dans LES ECHOS:

"le désordre ne s'organise pas, le désordre ça s'expérimente!"

 On ne peut blamer personne, bien au contraire, de parler de la nécessité de penser, agir, exécuter», compte tenu des tsunamis qui secouent notre monde et nos théories qui datent de 50 ans et plus.

Le titre de l’article évoque "...la fin du management standardisé"

L’article parle d'univers stable qui nous a servi à bâtir nos règles, théories, les auteurs parlent là du "monde d'avant". Effectivement tout ce que nous apprenons à l’université aujourd'hui ressemble diablement à ce qu’ on apprenait hier, époque où nous construisions ,un monde discipliné, avec des entreprises tout aussi disciplinées, un monde où tout était à peu près prévisible, bref un monde merveilleux avec croissance infinie.

Et puis tout cela nous a amené au monde du désordre, "le monde d'après". Très justement les auteurs évoquent une vision mécanique de l’entreprise, une sémantique soumise à une sorte de mode….. Tout à fait d'accord, j’aborde ces sujets dans mes derniers livres, "le marketing de l’imprévisible" et "le marketing de l’adaptation, le bricolage de la pensée" (Ed L’harmattan).

Là où  je suis totalement en désaccord, c'est lorsque les auteurs parlent du désordre, en précisant que le "désordre ça s'organise». Je suis d'accord sur la nécessité du désordre. Nous avons besoin de travailler autrement que par déduction.

Le vrai problème est que vivons en ayant sans cesse en termes "d'organisation", avant même d’imaginer des  idées. Cette expression "le désordre ça s'organise reflète bien les deux maladies du management. Le management est atteint de deux maladies, le "controlism" et la bureaucratie, bref de "l’organisation". Tout le problème du management est là, les organisations prennent toujours le pas sur l’imagination

Dans la dernière étude faite par l’institut Limelight à ma demande, en 2014 sur l’adaptation (c'est à dire changer ses manières de réfléchir et d'agir) il est demandé pourquoi les entreprises semblent avoir du mal à changer réellement:

93 % des entreprises estiment qu'elles sont dans des organisations trop policées. Dit les organisations sont figées, et dit autrement, la bureaucratie et le controlism existent toujours et donc, on passe plus de temps à contrôler qu’à imaginer. 

Dans la foulée, 72 %  des entreprises disent  que leurs méthodes de travail ont été conçues pour des marchés simples et linéaires, bref qui sentent bon l’organisation

De ce fait je ne peux être d'accord sur la dernière phrase de l’article :"le désordre ça s'organise". C'est une phrase terrible. Il s'agit aujourd'hui de faire des choix nets et précis. Les entrepreneurs du web privilégient l’imagination à l’ordre au sens où les entreprises l’entendent. Le désordre c’est, l’intuition, qui ne répond à aucun plan prévu…..Le désordre est une forme de "bricolage de la pensée". Pour ceux qui ont lu la pensée sauvage de Claude Lévi Strauss, ce dernier écrit que le bricolage est une forme désordre de réflexion mais dans le même temps très imaginative. Deux "bidouilleurs" sont arrivés à l’état de génie car ils travaillaient de façon très intuitives et très désordre, expérimentant des options différentes: S Jobs et S Wozniak 

J’en reviens à la fameuse phrase "le désordre ça s'organise". Sur le plan sémantique les mots organiser, organisation, ramènent toujours à des façons de faire, anciennes, et prennent le pas sur l’imagination au sens large qui elle, n’a pas besoin d’un cadre de raisonnement .Le désordre permet de sortir du cadre, comme le dit Pascal Pic et d'être plus imaginatif.

Le mot organisation est sémantiquement trop fort, puissant, confortable, rappelle trop le mode d'avant" ce mot nous ramène au "bercail en qq sorte et on ne sort pas de notre cadre habituel. 

Notre nouvelle sémantique doit être centrée sur tout ce qui fait qu'on imagine autre chose. La pensée, le management, ont besoin pour être fortement innovant de, l’intuition, l’opportunisme, l’expérimentation…..bref  de se comporter comme le font les scientifiques qui disent eux-mêmes qu’ils bricolent. Les scientifiques se fichent de l’organisation, ils se préoccupent du résultat, de la solution à inventer, à trouver. Ils expérimentent dans le désordre et enregistrent les résultats et recommencent. Comment pensez-vous que Apple travaille, Google, ventes privées…..?

Bref on ne trouve pas, on ne crée rien, en commençant par mettre de la méthode et de l’organisation dans  le désordre. Auquel cas on revient 30 ans en arrière

La vraie bonne phrase est "le désordre ça s'expérimente". On essaye quelque chose , on a des retours d’expériences et on re expérimente etc…. Jusqu' à avoir un résultat intéressant et positif. On laisse son esprit prendre des chemins illogiques, aller au bout, revenir et on revient toujours avec une certitude, soit la solution est sur ce chemin en fonction des observations faites, soit le chemin nous amène à une falaise

Michel Hebert (Président de NO-LOGIC consulting)

Ex président fondateur de Jump France (9ème groupe de communication en France), ex VP de TBWA France, aujourd'hui président de NO-Logic consulting

6 Livres dont les deux derniers 2013 et 2014, "le marketing face à l’imprévisible", "le marketing de l’adaptation, le bricolage de la pensée" (Ed L hamattan)

 

Retours aux articles